Num. de
referenciaP02825
AuteurWeyden, Roger van
der
TitreLa Descente de
Croix
DateVers 1435
TechniqueHuile
SupportSur Bois
Dimensions220 cm x 262
cm
EcoleFlamenca
SujetReligieux. Nouveau
Testament
ExposéeOui
OriginePatrimoine
National
Le grand maître de Tournai centre la
composition sur la Compassio Mariae, la
passion que souffre la Vierge devant la
douleur et la mort de son Fils. Pour la
traduire en images, le peintre choisit le
moment où Joseph d’Arimathie, Nicodème et un
aide soutiennent en l’air le corps de Jésus
et Marie tombe évanouie par terre soutenue
par Saint Jean et l’une des saintes
femmes.
La richesse de ses matières –le bleu du
manteau de Marie est l’un des lapis-lazulis
les plus purs employés dans la peinture
flamande de l’époque- et ses grandes
dimensions, avec les figures pratiquement à
l’échelle naturelle, mettent déjà en évidence
le caractère exceptionnel de l'oeuvre.
L’espace peu profond, en bois doré, où Weyden
représente ses figures et les traceries
peintes des extrémités supérieures – qui
imitent de même le bois doré, ainsi que
l’encadrement rectangulaire du centre,
imitent à la perfection des sculptures
polychromées. En outre, le trompe l’œil est
renforcé encore davantage par le grand sens
plastique que Weyden imprime à ses figures,
suivant en cela l’exemple de son maître
Robert Campin, comme il le fait dans toutes
ses œuvres précoces.
Weyden fait preuve d’une grande maîtrise dans
le traitement des figures représentées dans
un espace limité au fond et aux extrémités,
où les mouvements opposés et complémentaires
de Saint Jean et de Marie Madeleine ferment
la composition. A l’intérieur de cet espace
ressort le jeu de diagonales parallèles que
tracent les corps du Christ et de Marie,
mettant ainsi l’accent sur leur double
passion. On est frappé par les gestes, la
retenue avec laquelle s’expriment les
sentiments et le jeu de courbes et de contre
courbes qui unit les personnages.
Le tableau est une commande de la Confrérie
des Arbalétriers de Louvain, aujourd’hui en
Belgique, pour leur chapelle de l’Eglise de
Notre Dame Extra-muros. Dans les coins
inférieurs sont représentées de petites
arbalètes. Acquis par Marie de Hongrie au
XVIe siècle, il passa ensuite à son neveu
Philippe II. Ce dernier le fit déposer dans
la chapelle du Palais de El Pardo jusqu’à son
transfert à l’Escurial en 1574. Il y demeura
jusqu’en 1939 où il fut transféré au Musée
National du Prado, qui envoya en échange la
copie de Michel Coxie.